Créé en 1747, selon le vœu et le legs du Chanoine Legendre, le concours général est actuellement ouvert aux élèves des seuls établissements publics et privés sous contrat, ceux des établissements hors contrats n’ayant pas le droit d’y participer.
Cette interdiction n’a rien d’anecdotique, puisque 15 000 élèves participent chaque année à ce concours, dans une grande variété de matières, parce que la gloire des lauréats bénéficie à leurs lycées, et parce que ces distinctions au concours général sont très prisées lors des admissions dans des cycles d’études supérieures ou lors des recrutements professionnels. Cette discrimination à l’encontre des élèves du hors contrat est donc lourde de conséquences car elle interdit à ces derniers de faire la preuve publique de leur niveau alors qu’ils en ont plus besoin que quiconque.
En effet, les établissements supérieurs connaissent mal les établissements hors contrat et sont en recherche d’éléments permettant d’évaluer objectivement le niveau des lycéens qui en sont issus. Par ailleurs, comme l’Education nationale – à travers les inspections académiques - est chargée de vérifier que les établissements hors contrat dispensent une formation de qualité, il est dans son intérêt évident de laisser concourir les lycéens du hors contrat en même temps que ceux du public ou du sous contrat.
Enfin et surtout, cette exclusion est contraire à la fois au principe d’égalité des citoyens et à celui de la liberté de choix de l’école. Justifier cette inégalité de traitement entre les élèves par le fait que les établissements hors contrats n’étant pas tenus de suivre les programmes officiels pourraient préparer exclusivement certains de leurs élèves aux épreuves du Concours général en négligeant les autres matières de l’enseignement officiel n’est pas raisonnable. Tous préparent le baccalauréat, tous doivent respecter le socle commun des connaissances et tous sont inspectés par l’inspection académique.
Pour que le Concours général soit ouvert à tous les élèves, Enseignement et Liberté vous invite à signer et à faire signer, la lettre ci-dessous à M. Luc Châtel, ministre de l’Education nationale.
Monsieur le ministre,
Lors de la remise l’an dernier des prix du Concours général, vous avez déclaré que le Concours général avait contribué à faire de la France un Etat hors norme et qu’il était un élément clé de la méritocratie républicaine.
C’est au nom de ces principes que je vous demande d’autoriser les élèves des lycées hors contrat à participer aux épreuves du Concours général. Pourquoi ces lycéens devraient-ils être discriminés alors que leur mode de scolarisation fondé sur la liberté d’enseignement est légal, constitutionnel et reconnu internationalement par toutes les déclarations des droits ?
Les craintes qui ont pu être exprimées de voir certains de ces établissements préparer exclusivement des élèves aux épreuves du Concours général, en négligeant les autres matières de l’enseignement officiel, me paraissent infondées en raison de la priorité qu’accordent les élèves et leurs parents à l’obtention du baccalauréat, commun à toutes les catégories d’établissements.
La Nation doit pouvoir repérer les talents présents chez les lycéens du hors contrat. Ce sont des citoyens à part entière qui ont toute leur place dans la méritocratie de notre pays.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre l’expression de ma haute considération.
Voir et signer la pétition