On sait que cet ouvrage d’Ovide est inscrit, seul, au programme de l’épreuve de latin du baccalauréat.
Il y a dans ce « choix imposé », un côté bien réducteur pour des élèves dans la dernière année de leurs humanités. Ne s’étonnerait-on pas si un seul livre, La Princesse de Clèves, par exemple, était inscrit au programme du baccalauréat de français?
Il y a aussi un côté racoleur dans le choix d’une œuvre que notre époque qualifie de légère mais que le XIXe siècle classait parmi les érotiques. Serait-ce, faute d’un budget pour le latin, une autre forme de prime d’assiduité pour adolescents supposés boutonneux ?
S’il s’agissait de traduire des extraits de L’Art d’aimer choisis par le professeur, l’on pourrait évoquer, en réponse à ce qui resterait une provocation, l’adage selon lequel le latin brave l’honnêteté.
Mais ce n’est plus ainsi que l’on enseigne le latin : les élèves disposent en classe, en regard du texte latin, de la traduction française que les cancres allaient autrefois chercher – ce qui avait l’intérêt de leur faire parcourir les auteurs – dans les bibliothèques pour « faire » leur version latine.
Gageons que dans les conditions présentes beaucoup d’apprentis latinistes seront plus intéressés par la lecture de la traduction que par les exercices qu’on leur propose en guise de version.